Les CAZANEUVE.

Plus d'un siècle au service du canal

Par Louis Cazaneuve

Maison de l'écluse de Laurens C'est en consultant les archives du canal du Midi à Toulouse, que j'ai pu reconstituer le passé de mes ancêtres éclusiers ou employés du canal de père en fils de 1703 à 1827.

Le premier fut Louis Cazaneuve, né en 1660 environ qui se maria le 27 avril 1687, avec Isabeau Carrère, fille de Jean Carrère dit Lapoudre, éclusier à l'écluse de la Planque.

écluse de Laurens

Il vécut quelques temps chez ses beaux parents puis à l'écluse de la Domergue jusqu'en 1703 où il fut nommé cette année là éclusier à l'écluse de Laurens.

Il eut une nombreuse famille : seize enfants, dont cinq seulement survivront. A cette époque, la mortalité infantile était importante. Il y avait de nombreuses épidémies et pas de vaccins.

Il était en très bon terme avec ses chefs, le directeur du canal François d'Andréossy fut le parrain de plusieurs de ses enfants, ainsi que le contrôleur du Roy, Mr Soulier.

Il restera éclusier jusqu'en 1717 ou malade, il mourut le 7 mars 1718 à l'âge de 59 ans environ. Sa veuve Isabeau le remplacera à l'écluse jusqu'en 1730 pour laisser ensuite la place à son fils : Jean Cazaneuve. Celui ci né en 1699, venait de se marier avec Marie JEAN.

Eux aussi eurent une nombreuse famille. A l'époque on se demande comment ils arrivaient à vivre dans des habitations aussi petites. Les écluses étaient bâtiesà peu près toutes sur un même modèle. Il n'y avait pas d'étage, une entrée avec un long couloir, d'un côté deux chambres de 18 à 20 m² chacune, de l'autre une cuisine avec une très grande cheminée, au fond un petit débarras sans fenêtre et un évier. Il n'y avait pas de toilette. Côté est une remise, côté ouest un poulailler et bien souvent une porcherie. A proximité se trouvait un jardin.

L'éclusier pouvait élever du bétail, poules, canards et cochon. Il faisait bien souvent des échanges avec les bateliers, du vin contre légumes, oeufs ou volailles.

A l'écluse de Laurens, le responsable touchait 180 livres. Il devait à ses frais, se munir d'une brouette, d'une pioche, d'une pelle en fer, d'un râteau, d'un balai et des outils de jardinage.Il devait aussi porter pour travailler une veste de chasse bleu foncé.

En plus de l'ouverture et fermeture des portes de l' écluse, son travail consistait aussi à veiller à tous les chargements et déchargements intermédiaires fait en amont ou en aval de son écluse, et surveiller les patrons de barques, afin qu'il n'y ait aucune fraude.

Sous aucun prétexter ne jamais laisser passer des barques de nuit.

Toute l'année les abords des bassins devaient être entretenus, les crémaillères des portes bien huilées, les feuilles et les branches mortes enlevées.

En 1769, Jean Cazaneuve sera remplacé par son fils Louis marié à Marie Calvayrac, née d'une grande famille d'éclusiers à l'écluse de la Domergue.

Maison de l'éclusier de LaurensLouis Cazaneuve restera à ce poste jusqu'en 1773, et de père en fils, ce travail sera assuré puisqu'en 1827, où le dernier éclusier de la famille fut encore un Louis né en 1802 décédé en 1882.

Plusieurs de mes ancêtres furent aussi employés comme maçon, charpentier dans des entreprises au service du canal.

Quelques uns encore furent cantonnier ou garde canal. C'est le cas de Bernard Cazaneuve qui fut « garde à bandoulière à la livrée du Roy ». Son rôle était de surveiller le canal armé d'une épée. Il veillait à ce que personne ne prenne de l'eau, ne pêche ou chasse sans autorisation, ne coupe des arbres, ou ne fasse paître des moutons ou des bovins sur les berges du canal.

Après 1827, les Cazaneuve s'installèrent à proximité du canal, les uns à la petite Domergue, les autres à la petite Bordette et commencèrent à travailler le gypse. Plus tard, ils deviennent fabricant de plâtre et créèrent deux usines au Fournayrac. Mais ceci est une autre histoire.

 

date de modification 23 mars 2005